Chapter 32 – last escape.

Cette année passe à une vitesse folle. Je ne trouve ainsi que maintenant, au milieu du mois d’avril le temps de mettre sur papier nos aventures…

Le 24 janvier 2020, nous prenons l’avion après plus d’un mois en Suisse pour Los Angeles. Les jours précédents le départ, nous avons plié nos affaires, choisi les quelques provisions nécessaires (en particulier du pesto Barilla pour Vincent, introuvable aux USA) et surtout passé des heures à préparer nos papiers pour passer la douane, en pensant à toutes les éventualités pour éviter le cauchemar de l’année précédente (5h bloqué à la douane, 3h prise dans une salle à part). Après avoir redouté ce retour aux USA/second passage de douane pendant toute l’année précédente, le fatidique jour arrive.

Après avoir pris le train, tôt le matin jusqu’à Zurich, 12h10 de vol, nous faisons la queue, serrés entre les autres passagers des vols qui viennent d’atterrir, pour passer devant le douanier. Vincent est très inquiet. On se dit secrètement au revoir, au cas ou je serais prise à part et déportée (malgré nos papiers en règle). Je suis plus confiante: cette année, au moins, je sais à quoi m’attendre et je suis prête pour la guerre (administrative). C’est notre tour. Le jeune douanier prend nos passeport. Il pose une question à Vincent et est satisfait, puis passe au miens et pause. On s’y attendait. Il semble vouloir nous dire que je n’ai pas les bons documents, mais quand alors Vincent explique « c’est parce qu’on est pas marié », tout de suite une lumière s’allume, « Oh, OK, je vois de quoi il s’agit » puis notre l’employé prend son téléphone. Je me prépare, le scénario semble se passé comme l’année dernière quand il a appelé un policier pour m’amener dans la salle d’interrogation. On tend l’oreille, essayant de comprendre la discussion téléphonique. Quand on saisit alors qu’il cherche où cocher certaines informations dans son programme à l’ordinateur, on espère l’impossible. Il raccroche et inscrit quelque chose dans nos passeports qu’ils nous tend et nous souhaite une bonne journée. On part, je regarde alors l’inscription: je peux rester une année! Vincent et moi, on se regarde et on essaye de ne pas trop  sourire, sautant de joie intérieurement. Après avoir pris nos valises, on est encore stoppé par les douaniers qui contrôlent le contenu de nos valises. On nous dévisage et on nous demande: « Du pesto? » Vincent surpris explique. Le douanier est perplexe: « Mais on a du pesto aux USA! » et il va même chercher son collègue pour essayer de comprendre. Ils nous laissent finalement passer. On explose de rire.

Après être rentré chez nous à Los Angeles, la routine reprend vite: Vincent à Caltech et moi à la Huntington, concentrée sur la rédaction de ma thèse. On retrouve notre cinéma du coin, où l’on va voir The Joker qui vient de gagner des Oscars pour 10$ les deux places (inclus popcorn et cocas), et Frozen II. On retrouve aussi nos amis: J’aide à organiser un vernissage de Marta dans un café à Monrovia le 31 janvier. Je participe au montage et ai rédigé le texte de l’exposition; je tiens également un discours. Durant l’ouverture, on voit plein d’amis, et on en rencontre de nouveau. On retrouve aussi Frank Barwah, producteur de film à Hollywood qui nous met sur sa liste VIP. On est ainsi régulièrement inviter à participer à des événements culturels. Le lendemain, on va donc voir la pièce de théâtre « And then they came for me. Remembering the World of Anne Frank » au Playhouse des Victoria Gardens près de Monrovia, le 4 mars on les retrouvera pour un concert reggae au bar 1881.

L’une des oeuvres de Marta exposée.

Le dimanche 2 février, on passe la journée à la Huntington: Il y a un festival en l’honneur du Nouvel An chinois. On regarde la danse de dragons, des présentations d’arts martiaux et on s’improvise à la calligraphie, écrivant des mots porte-bonheur, et apportant la santé pour la nouvelle année.

Le jardin chinois de la Huntington construit en Lego.

La semaine suivante, on va au vernissage du Caltech Art Show avec Henrik. Le vendredi, on passe la soirée avec Aude et Quentin. On passe la Saint-Valentin à la maison, jouant à l’ordi, comme le veut notre tradition. Le week-end, en revanche, on participe à un événement sortant de l’ordinaire. On va avec un groupe de postdoc de Caltech, en l’honneur de la fête de amoureux, à un brunch avec bottomless mimosa et drag queen show.

Pour la Saint Valentin, on se met au fourneau pour une traditionnelle tarte de Linzertorte !
Drag queen show au coeur de Los Angeles.

Le travail ne diminue pas pour autant. Je retrouve une des propriétaires du café où Marta expose (Tiffany) autour d’un café et je partage un repas avec Lee, un professeur (histoire du chocolat), pour discuter de mon travail. Je prends également la voiture pour le long trajet, le long de la 405 bouchonnée, pour rencontrer les curateurs de l’exposition sur Manet (Emily et Scott), ainsi que Jim, autre curateur au Getty. J’en profite pour scanner quelques livres à la bibliothèque et visiter la superbe exposition de photographies „Unseen. 35 years collecting photography“, qui présente entre autre les différents métiers et processus autour de la conservation de photographies dans des collections d’art, organisée par Jim.

Vitrine expliquant le travail d’archiviste autour de la photographie au Getty.

Le 24 février, on prend la voiture pour une semaine de road trip. Direction San Francisco, plus précisément Berkeley pour mon travail. On arrive après 6 bonnes heures de route, juste à temps pour apercevoir le coucher de soleil sur San Francisco, depuis les collines de Berkeley. On pose ensuite nos valises dans notre charmant AirBnB chez une famille française et on va souper des sushis dans le quartier, Elmwood.

La première journée, j’ai rendez-vous au musée The Legion of Honor, qui se trouve à San Francisco, pour y voir un dessin de Monet. Mon rencard avec Monet n’a lieu qu’en début d’après-midi. On commence donc la journée par un petit-déjeuner dans un petit café tendance à Berkeley, où l’on skype avec mes parents. On décide ensuite de s’arrêter dans une superbe librairie seconde main dans le coeur de Berkeley, que l’on dévalise, avant de traverser le Golden Gate en voiture pour aller au musée. Mon rendez-vous se déroule très bien, j’ai eu l’aide précieuse d’une curatrice, ainsi que d’une restauratrice. Vincent, pendant se temps, visite le musée avec une visite guidée privée (il était le seul visiteur à répondre à l’appel du tour guidé gratuit) avec un professeur d’anglais à la retraite.

Comme le temps est absolument spectaculaire, 20° avec un ciel bleu, sans un seul minuscule petit nuage, ni brume (ce qui est très rare pour San Francisco), on s’improvise une ballade le long de la baie, avec une vue imprenable sur le Golden Gate. On prend ensuite la voiture vers les quais, où l’on trouve un parking gratuit à moins de 100 mètres du Pier 39 (nouvelle anomalie, ce centre touristique est entouré de parking qui coutent $10 de l’heure!), où l’on admire sous le soleil couchant les phoques, qui se prélassent sous les derniers rayons, entassés sur leur îles flottantes, ainsi qu’Alcatraz. On rentre vers Berkeley après une journée parfaite pour souper. Vincent nous a déniché un restaurant dont le menu se base sur des plats traditionnels allemand! On déguste ainsi des schnitzel, avec chou rouge et spätzli avec des bières allemande pression! Le régal! J’y trouve même des Katjes (des bonbons à la réglisse que maman et moi dévorons).

Le lendemain est beaucoup plus stressant pour nous deux. Vincent part très tôt le matin avec la voiture direction Stanford (env. 3h de route avec les bouchons) qui se trouve juste au sud de San Francisco, pour y tenir une présentation et rencontrer des collègues. De mon côté, j’ai rendez-vous à Berkeley pour discuter avec un professeur que j’avais déjà vu en décembre passé (lors de notre dernier séjour à San Francisco) de ma thèse. Il accepte de devenir mon deuxième superviseur !

En partant de notre chambre à Berkeley, nos hôtes, qui s’avèrent les deux être des chercheurs dans le domaine de Vincent (le hasard !), discutent un peu de leur travail avec Vincent. L’épouse lui propose alors même de postuler chez son employeur pensant que ce serait une superbe opportunité pour Vincent, lui donne sa carte et lui dit qui contacter. Vous avez déjà été à l’hôtel ou dans un Bed and Breakfast et vous partez avec une offre d’emploi ? Quel service ! On reviendra ! 😉

Après ces deux jours de travail, où plutôt de recherche et networking, Vincent et moi faisons une pause de quelques jours pour des petites vacances bien méritées. On prend non pas l’autoroute qui longe la côte à l’ouest, ni celle qui longe les parcs nationaux à l’est mais prenons l’autoroute au milieu, qui traverse la Californie en hauteur (on aura ainsi pris tous les chemins entre Los Angeles et San Francisco), pour s’arrêter au milieu, entre San Francisco et Los Angeles, près d’un petit parc national méconnu: le Pinnacles National Park. On est logé dans dans un AirBnb, à la campagne, dans une grande chambre luxueuse avec jacuzzi, et même un télescope que l’on utilisera pour voir la lune un soir non couvert. On passe alors trois journée à faire de splendide marches, traversant des grottes, grimpant sur des sommets, tels les condors qui habitent ces lieux.

On découvre de nombreux animaux, les condors qui sont les stars de ce parc, et beaucoup de serpents ! J’ai aperçu le premier, lors de notre première marche, alors que j’entendais un bruissement dans un buisson à côté de nous. Le lendemain en marchant le long d’un tout petit lac, on tombe nez-à-nez avec plusieurs nids de petits serpents verts. On se croirait dans des marécages d’un film d’Indiana Jones. Je suis fascinée par ces créatures, étonnement pas apeurée, et prends plein de photos. Alors qu’un petit serpent, brun-gris cette fois-ci, passe devant nous sur un chemin rocailleux, je vais même lui touché le bout de la queue.

Un condor prend son envol.
« Indiana Jones, est-ce toi qui nous dérange? »
Mon ami le serpent, à qui j’ai serré la pince.

De nombreux pics verts habitent ce parc national, les arbres y sont ainsi souvent couverts de gros trous, certaines fois rempli de glands.
Vincent et son nouvel ami.

On ne croise que peu de promeneurs, le parc est moins connu et ce n’est pas la haute saison. Se retrouver dans la nature seuls, nous fait le plus grand bien. On respire. Et l’aventure, à grimper dans des grottes, nous plait. Le temps passe trop vite et nous voilà déjà repartis pour Los Angeles et notre routine. On ne le savait pas, mais ce furent nos derniers jours d’aventures avant plusieurs mois.

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